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Jordan River Shared Corridor
Type de projet
Territorial research
Date
2026
Emplacement
Cisjordanie, Jordanie, Israel
Le Jordan River Shared Corridor est un projet libre de recherche territoriale et de prospective développé par Studio nab, en dehors de toute commande institutionnelle. Il explore le potentiel du bassin du Jourdain comme territoire partagé, où les interdépendances écologiques, hydrologiques et culturelles peuvent devenir des leviers de résilience et de coopération régionale.
Ressource vitale, réservoir de biodiversité et berceau de grandes civilisations, le bassin du Jourdain est aujourd’hui confronté à des pressions croissantes : raréfaction de l’eau, dégradation des écosystèmes, fragmentation des paysages et tensions géopolitiques. Face à ces enjeux, le projet propose de considérer le bassin versant comme une infrastructure commune, capable de relier les territoires autour de problématiques concrètes et de renforcer les dynamiques de coopération existantes.
Dans le prolongement du Jordan River Peace Park, créé à la suite des accords de paix d’Oslo, le projet propose de dépasser l’échelle d’un site emblématique pour développer une vision territoriale plus vaste, articulée autour de trois pôles complémentaires : Naharayim, lieu de mémoire et de patrimoine industriel ; Irbid, pôle scientifique consacré à l’eau et au climat ; et Jénine, territoire d’expérimentation pour l’agriculture régénérative, la restauration des sols et la résilience locale. Ensemble, ces trois pôles dessinent une géographie de coopération à l’échelle du bassin.
Quatre infrastructures pour un territoire partagé:
Le corridor s’organise autour de quatre infrastructures complémentaires, qui articulent les dimensions écologiques, scientifiques et culturelles du projet.
L’infrastructure bleue place la restauration du fleuve et la gestion durable de l’eau au cœur de la démarche. Elle vise à améliorer les débits écologiques, développer la réutilisation des eaux usées, renforcer la sécurité hydrique et mettre en place des dispositifs de suivi à l’échelle du bassin versant.
L’infrastructure verte vise à reconnecter les paysages et les habitats naturels, à restaurer les milieux dégradés et à développer des pratiques agricoles régénératives, tout en contribuant à la lutte contre la désertification. Elle envisage le paysage comme une continuité vivante, capable de soutenir la biodiversité et la résilience des territoires.
L’infrastructure de la connaissance repose sur la production et le partage de données territoriales, hydrologiques et écologiques. Un atlas commun, des réseaux universitaires et des dispositifs d’observation doivent permettre de mieux comprendre les dynamiques du bassin et d'accompagner les décisions futures.
L’infrastructure culturelle valorise les patrimoines historiques, industriels et paysagers, les lieux de mémoire et les itinéraires culturels. Elle ouvre également des perspectives pour le développement d’un tourisme durable et la mise en valeur des liens historiques entre les territoires.
Une stratégie progressive à l’horizon 2035:
Le projet se déploie selon une feuille de route en quatre phases, conçue pour construire progressivement les conditions d’une coopération territoriale durable.
Entre 2026 et 2027, la création d’un atlas territorial partagé doit établir un socle commun de connaissances et de données. De 2027 à 2030, les premières actions de restauration hydrologique visent à améliorer le fonctionnement écologique du fleuve, renforcer son suivi et expérimenter des solutions de réutilisation de l’eau et d’efficacité de l’irrigation.
Entre 2030 et 2033, l’activation progressive des trois pôles doit donner une traduction concrète à la vision : un lieu dédié au patrimoine et à la coopération à Naharayim, un centre consacré à l’eau et au climat à Irbid, et une plateforme d’agriculture régénérative à Jénine. Enfin, de 2033 à 2035, le développement des continuités écologiques et paysagères, des itinéraires culturels et du tourisme durable doit renforcer la cohérence du corridor à l’échelle régionale.
Cette trajectoire repose sur une mise en œuvre graduelle, attentive aux réalités locales, aux contraintes d’accès et à l’évolution du contexte politique. Elle privilégie les initiatives ancrées dans les territoires et la consolidation des coopérations existantes, plutôt que la création d’une nouvelle structure institutionnelle.
Restaurer les interdépendances, préparer un avenir commun:
Le Jordan River Shared Corridor propose une autre manière de penser l’aménagement et la coopération dans un contexte régional incertain. Sans prétendre résoudre les conflits politiques, il part d’une réalité géographique : l’eau, les écosystèmes, les paysages et les activités humaines constituent un système interdépendant dont la préservation nécessite une approche collective.
En reliant les initiatives existantes, en restaurant les continuités écologiques et en développant des infrastructures communes de connaissance, le projet cherche à rendre ces interdépendances plus visibles, plus concrètes et plus durables. Il envisage la coopération non comme un préalable à toute action, mais comme une dynamique pouvant émerger de la gestion partagée des ressources et de la réponse à des besoins communs.
À travers cette vision prospective, Studio nab envisage le bassin du Jourdain comme une infrastructure vivante, où la régénération écologique et paysagère devient un levier de résilience territoriale. À l’horizon 2035, le corridor dessine ainsi la possibilité d’un territoire plus connecté, capable de préserver ses ressources, de valoriser ses patrimoines et de faire émerger de nouvelles formes de coopération autour d’un avenir partagé.








